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Sous les lilas

février 2022

Depuis que je me suis installée dans mon nouvel atelier/bureau [1], j’ai le plaisir lorsque je lève des yeux de l’écran de pouvoir les reposer, la plupart du temps, sur un petit machin à plume en train de se restaurer. Le spectacle bat son plein à la pause de midi. J’ai découvert que les mésanges notamment, prennent le gros de leurs repas ici, entre 11 et 15 heures.

Une assiette toute rouillée, après avoir passé des décennies dans le lit du Rhône a pris place au milieu des lilas en attente de printemps et de feuillages pour faire office de mangeoire à piafs.
Juste sous mon nez, de l’autre côté de la belle fenêtre d’atelier.

Les vitres sont bien rayées et couvertes de taches de peintures et de vernis tellement anciens que je n’ai pu en venir à bout. J’ai pour projet de (faire) poser des doubles vitrages cet été, en gardant la structure métallique que je trouve magnifique et qui me rappelle l’usine de mon grand-père.

Vue de la fenêtre depuis l'intérieur.
Vue de la fenêtre depuis l’intérieur.
Dix petits carreaux en verre abimé et fin comme une feuille de papier. Un des carreaux est fendu.

Je me suis tout de même amusée à prendre quelques clichés à travers un carreau que je suis presque parvenue à nettoyer correctement. Je ne possède pas un très bon zoom et la luminosité n’est pas toujours au rendez-vous pendant ces tristes journées d’hiver. Mais je les aime bien malgré tout. Elles me donnent le sourire, ce qui est précieux ces temps.

Ces petites bêtes ne se nourrissent pas toutes de manière similaire, même si les graines de tournesol ont la faveur de toutes les petites espèces granivores des jardins, et également de celles, insectivores, qui peinent à trouver suffisamment de bibitte [2] en hiver.

C’est le cas des mésanges.

Mesange bleue de profil,
Mesange bleue de profil,
posée sur le bord de l’assiette, une ne petite graine de tournesol dans le bec.

Qu’il s’agisse des bleues, noires, charbonnières, nonnette ou à longues queues, les mésanges ne consomment pas au comptoir. Elles pratiquent le takeaway.
Le ballet est rapide. L’une se pose sur une branche en retrait de la mangeoire, puis se rapproche voletant de rameau en rameau pendant qu’une autre prend sa place un peu plus loin.

La première se précipite d’un coup d’aile jusqu’à l’assiette et se saisit d’une graine. Parfois elle se ravise et en choisit une autre plus adaptée à la taille de son bec (mais un peu grosse quand même, s’il y a le choix. ^^). Elle s’éloigne, plus ou moins. Certaines se perchent juste quelques dizaines de centimètres au-dessus de la mangeoire, d’autres filent loin au sommet du noisetier.

Accrochée à une branchette, la graine habilement coincée entre ses griffes, elle donne des petits coups de bec nerveux pour l’ouvrir et dévorer le cœur du butin. Le plus rapidement possible. Les mésanges semblent toujours se dépêcher. Pendant ce temps, une autre a pris sa place, et choisit à son tour la graine qui lui convient.

Mésange noire,
Mésange noire,
posée au milieu de l’assiette, une graine ayant perdu sa coque dans le bec. Maligne !

Le ballet se poursuit ainsi jusqu’à 16 ou 17 heures les jours de beau temps. Sauf quand le rouge-gorge, maître incontesté des lieux, s’installe sur le bord de l’assiette et n’en bouge que pour chasser les autres oiseaux qui auraient l’outrecuidance de vouloir déjeuner sur son territoire. Un ou une autre rouge-gorge en premier lieu.

Il ne décortique pas les graines. Le tournesol ne représente pas un mets de choix pour lui, en hiver il préfère les fruits ou les tout petits grains type millet faute de larves ou de petits invertébrés. Mais peu importe, il monte la garde, il est chez lui, qu’on se le dise !

Rouge gorge,
Rouge gorge,
posté sur la mangeoire, il guette et chasse les intrus.

Las, il faut bien qu’il mange… Il laisse parfois la place à quelques pinsons du Nord, si méfiants qu’ils identifient le moindre mouvement, même infime, derrière les vitres. Je n’ai encore pas réussi à en saisir une image correcte.

J’ai eu plus de chance avec le magnifique chardonneret. De la même manière, quand il s’installe, il est difficile à déloger. Contrairement aux mésanges, il fait bombance sur place. Du distributeur au consommateur sans perte d’énergie.

Le Chardonneret,
Le Chardonneret,
magnifique petit oiseau avec des taches jaune et blanche sur les ailes et le devant de la tête rouge vif.

Sa technique d’écalage est très performante. Il fait tourner la graine dans son bec, mâchouille et recrache l’enveloppe avant d’avaler le cœur. Lorsque les vitres seront plus transparentes j’essaierai de poster ici une ou deux vidéos. L’année prochaine probablement.

Un chardonneret de profil un grain en bec.
Un chardonneret de profil un grain en bec.
Trois taches de couleur sur la tête, rouge, blanche et noire.

Je vais cesser de les nourrir pour cette année, il ne fait plus assez froid. Ils vont bientôt faire provision de larves, d’insectes et de baies. Certains d’entre eux ne sont pas loin de repartir plus au Nord. J’attends avec impatience le retour de la fauvette (Non) qui poussera son chant strident et permanent, nuit et jour, dès le printemps.

La nuit vient d’envelopper le jardin, tout est calme, la vie reprendra demain. Je suis bien chanceuse de pouvoir travailler derrière les lilas à contempler ce merveilleux spectacle de la nature et du vivant.


[1Toujours un peu en chantier en attendant des journées plus chaudes, rendez-vous aux beaux jours pour la crémaillère…

[2Mot québécois signifiant petits insectes

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