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Semaine 4 - Inktober - #Iwak

novembre 2020

Jour 22 - Chef Cuisinier


— Alors Grib, ce rendez-vous avec le Chef Cuisinier, raconte ?
Gribouille se campa sur ses deux jambes, les mains sur les hanches et les coudes relevés en se cambrant de tout son possible pour gonfler son petit ventre et prit une grosse voix ;
— « Alors tu vois, petit, ici il faut avoir quatre bras, et pas laisser les mains qui sont au bout dans les poches. Moi, c’est Isidore, mais tu m’appelles Chef. En cuisine, on ne mélange pas les torchons et les serviettes. Le piano, tu touches pas. Toi tu dresses. Les entrées c’est pas compliqué, mais il faut que ça dépote. Quand ils ont l’entrée, on est tranquille pour la suite, même en plein coup de feu. Mais l’entrée, faut que ça dépote, tu vois ? Pour les desserts, il y a l’arpète, il n’est pas bien malin, mais pour remplir des coupes à glaces, ou servir des parts de tartes, faut pas sortir de Saint-Cyr, non plus. La réserve c’est par là, et quand on y entre, on en ressort, hein ? C’est pas fait pour les roupillons. Sinon c’est direct chambre froide ! T’as compris, l’asticot ? À la fin du service, je ne veux pas que ça branle ; on nettoie. La trancheuse, le piano, les tables Inox, le lave-mains, tout y passe, faut que ça brille. Je ne veux pas d’emmerdes avec l’hygiène, quand ils te mettent le grappin dessus, tu ne peux plus t’en sortir ! T’as compris, l’asticot ? »
Gribouille éclata de rire.
— En fait il est sympa. Il m’a dit qu’il m’apprendrait pour les sauces, et que du moment que je n’étais pas fainéant, ça se passerait bien. Elle est chouette la cuisine.
— Bon… Et tu crois que ça va aller ? Il n’a pas l’air commode quand même ?
— Non il fait sa grosse voix, mais après, j’ai discuté avec la serveuse, celle qui a les cheveux comme un arc-en-ciel, elle m’a dit qu’en fait, il était bien gentil.
— Arc-en-ciel ?
— Oui, comme un arc-en-ciel, vert, bleu, mauve, rose, jaune, c’est chouette ! Mais pour le service elle se fait une tresse alors ça ne se voit pas trop.
— Bon… Tu as vu le patron ?
— Oui, il me fait mon contrat la semaine prochaine, j’ai une chambre à l’étage, on est quatre, le chef, la serveuse arc-en-ciel, une autre que je n’ai pas vu et moi. Mathieu, c’est l’arpète, il dort chez lui, ses parents habitent à deux kilomètres.
— Et tu es content alors ?
— Oui, ça va être chouette, je vais apprendre des trucs et puis la serveuse elle est bien sympa.
— Ça se fête Gribouille ! Un jus de poire ?
— Ah oui, tiens, bonne idée, et après on passe au fromage direct ou tu veux manger un truc entre ?
— Qu’est-ce que tu es bête quand tu veux ! Je suis bien contente pour toi, ça va te faire de l’air, et puis au moins je pourrai travailler tranquille.
— Et te coucher à 20 h comme une petite vieille.
— Oh, toi. Tu vas voir si je t’attrape !

Jour 23 - Déchirure

Chaque fois que je pense au départ de l’écureuil, c’est la même chose. D’un côté je suis ravie pour lui, il a tout à découvrir. Depuis qu’il est arrivé dans ce trou perdu, il n’en est jamais sorti. Il ne connaît personne d’autre que les gens du village. Lorsque nous allons faire le marché, ou des courses à Ambert, il s’arrête sans cesse, fasciné comme un gosse devant les vitrines. Assurément, il ne peut que bénéficier d’une escapade.
Et puis sans crier gare, une petite déchirure me traverse le cœur.
Qu’est-ce que je vais faire sans lui ? Une vieille fille encroûtée dans son village natal, avec pour toute compagnie des ancêtres, des brebis et un fort des halles complètement jargeot qui bine ses haricots à la cognée. Quel tableau de misère !
« — Allez, allez, Astride. Il ne part que quatre mois, et puis ça va t’obliger à te bouger les fesses. »
Oh, museau trompette ! Ce n’est pas le jour, retourne dans tes synapses.
« — Tu pourrais sortir en boîte les fins de semaine ? »
Oui, bien, merci ! T’en as d’autres des bonnes idées ?

Je vois ça d’ici la boîte de nuit perdue dans la cambrousse. La vieille odeur de tabac froid emprisonnée dans la moquette murale. La boule à facette, les miroirs abîmés qui reflètent les célibataires du coin en goguette se dandinant sur la piste. Tous sur leur Trente et un, prêts à dépenser la moitié du salaire mensuel pour séduire une minette et la ramener comme un trophée, dans leurs piaules sordides.
Beurk !

Bon, j’ai du travail moi. Gribouille rentrera tous les lundis, je ne vais pas voir le temps passer. Je pourrais lire tranquille, je ne serai pas obligée d’aller à la pêche, transie par un froid de canard, je mangerai des tartines matin, midi et soir, je m’accorderai des grasses matinées le dimanche, sans bruit, je pourrai me coucher plus tôt.
Ça va être bien !
Oui.

« — Bof »
Trompette, tu me fatigues !

Jour 24 - Creuser

Mais qu’est-ce que c’est que ce boucan d’enfer ?
— Gribouilllllle ! C’est quoi ce bruit, qu’est-ce qu’il se passe ?
— Je ne sais pas. C’est sur la place. Ils creusent.
— Ils creusent ?
— Oui, avec un gros engin, ils sont en train de tout défoncer.

Effectivement, un attroupement sur la place. Une pelleteuse orange et jaune en pleine action arrache de grosses plaques de bitume avec ses énormes dents, des ouvriers s’agitent en faisant des signes. Le camion de chantier coiffé d’un gyrophare clignote sans discontinuer projetant sa lumière blafarde dans l’atelier. Beaucoup trop bruyant cette machine, sans compter l’incessant « TING ! TING ! TING ! » à chaque marche arrière.
Comment font-ils pour supporter ça toute la journée ?

— Je vais voir ce qui se trame, personne n’a parlé de travaux. Grib tu viens ?
— J’arrive, j’arrive, je termine une mouche.
Bon, d’ici qu’il ait fini, je serais morte de vieillesse.
— Je ne t’attends pas, j’y vais, je te raconterai.
Tiens, l’oncle est au premier rang !
— Hé ! Bonjour Astride, tu viens voir le chantier ? Ça ne plaisante pas cette machine, tu as vu comme elle mord dans le bitume sans sourciller ?
— Bonjour tonton Louis. Mais qu’est-ce qu’ils fichent ? C’était prévu ces travaux ?
— Non, c’est la canalisation principale pour les eaux de pluie qui s’est fendue, alors ça fait gonfler tout autour et c’est en train de filtrer dans les caves du Paul et du Joseph.
— Mince, ils vont la changer ? Ça va faire un gros trou !
— Non, ils vont juste changer le coude, c’est le plus fragile. Ils en ont pour deux ou trois jours, le temps de tout reboucher et puis ça sera reparti jusqu’à ce que je ne sois plus là pour voir la prochaine fuite ! Comment tu vas, ma belle ? Tu ne passes plus jamais, tu travailles beaucoup me dit ton acrobate.
— Oui, j’ai de la chance, j’ai des commandes jusqu’à la fin de l’hiver. On pourra voir venir quelque temps.
— Et quand c’est que tu trouves un mari ? T’es pas bien vieille, mais à ton âge c’est la dernière ligne droite. Si tu attends encore il ne te restera que les barreaux de chaise et les piliers de bar pour te passer la bague au doigt.
— Je ne cherche pas de mari Louis, je suis très bien comme ça ! Ne t’inquiète pas.
— Mais tu ne vas pas rester toute seulette ? L’autre oiseau, il va s’envoler, tu sais, avec sa gueule d’ange. Tu vas voir, à la station, ça va se bousculer au portillon. Je prendrais bien les paris sur la première qui lui mettra le grappin dessus. La Lyonnaise, avec son écharpe d’Iris collée sur la tête… Il paraît qu’il ne faut pas lui en promettre à celle-là !
— Louis… Tu exagères toujours. Et puis tu sais, Gribouille, il faut qu’il vive sa vie. Il a 30 ans bientôt, pas d’amis, pas de petite copine, rien.
— Il a bien de la chance de t’avoir en tout cas, si tu ne l’avais pas gardé après la mort du Bastien et de la maman, il serait allé où ?
— J’ai bien de la chance de l’avoir aussi, va ! Tu viens boire un café ?
— T’as une goutte pour faire passer ? Parce que le café tout seul, ça va bien pour les tartines, mais là, c’est plus l’heure.
— Rhooo, à ton âge, tu bois encore la goutte dans le café, à dix heures du matin ? Allez, vieux filou, il m’en reste de ton frérot.
— Y’a pas d’heure pour les braves, ma p’tite caille !

Jour 25 - Copain

Je passerai la soirée à Saint-Étienne, et probablement la nuit pour fêter l’anniversaire de Judith. Gribouille ne veut pas se joindre à nous, je n’insiste pas. Il est parfois timide et dit que ce sont mes amis pas les siens.
Juju organise une petite fête dans l’appartement récemment investi, avec « chéridamour ». Je me souviens plus du prénom de ce prince charmant, qui n’a que des qualités, est beau comme un apollon et gagne très bien sa vie…
De là à ne plus le nommer que par ce petit nom ridicule qui m’évoque une confiserie vendue dans les fêtes foraines, il n’y a qu’un pas, qu’elle a franchi, sans ambages.
Les gens deviennent idiots quand ils sont amoureux… « chéridamour », le pauvre !

Je suis ravie de revoir les copines et les copains de dernière année. Il y a bien longtemps que je n’ai eu l’occasion de passer du temps en leur compagnie.
Nous formions une chouette petite bande, toujours prêts à faire la fête, surtout le vendredi soir.
Qu’est-ce qu’on a pu rire et boire ! Firmin, Fifi pour les intimes, Hugo, Julien, Tristan, Cécile qui avait encore un cerveau à l’époque, et moi.
Des nuits entières à refaire le monde, vautrés sur des coussins en s’empiffrant de chips et buvant des Cuba Libre.
Hasta la Revolución !
Tu parles de révolutionnaires… Nous dessinions des banderoles contestataires pour les manifestations étudiantes. La voilà notre révolution. La belle affaire…
Mais on s’est bien marré quand même.

La dernière nuit que nous avons passée ensemble, c’était sur le toit de l’immeuble, une immense terrasse dont Fifi avait trouvé l’accès ouvert par hasard en sortant de l’ascenseur. Les coussins, les chips, le rhum, le coca, les cigarettes, tout avait été hissé sous les étoiles. À nous la liberté magnifique !
Toute la ville à nos pieds, et la voie lactée en guise de chapeau.

La nuit fut belle, palabrant sans relâche, trinquant plus que de raisonnable, le sommeil nous a cueilli à l’aube.
Au réveil, sous un soleil radieux, une surprise nous attendait.
Verrouillée la petite porte !
De l’intérieur.
Nous étions là, prisonniers sur le toit, à nous agiter comme de beaux diables, sautant, remuant les bras, dans l’espoir que quelqu’un nous aperçoive depuis l’immeuble d’en face, à tambouriner sur la porte, jusqu’à s’en faire mal aux mains.

Cécile, qui avait vu beaucoup trop de séries américaines, réussit à persuader Tristan de se rapprocher du bord pour trouver l’escalier de secours… Peine perdue, nous n’étions pas à New York mais à Saint-Étienne dans une cité à loyers modestes où aucun escalier extérieur basculant ne figurait sur les plans.

Vers midi, le gardien qui venait ranger son matériel dans le local qui jouxtait l’accès au toit a entendu nos cris et nos coups dans la porte de métal. Nous tapions comme des forcenés, avec les pieds et les coussins pour épargner nos phalanges. Quand il a ouvert, nous avons failli lui sauter au cou !
Nous nous sommes assez vite ravisés devant sa mine fâchée de nous trouver là. Il a beaucoup crié. Dit qu’il allait se plaindre au bailleur, et qu’on avait laissé des mégots et des bouteilles partout, etc., etc.

Firmin, dont le père était avocat, lui a suggéré que s’il nous causait des ennuis, il serait probablement jugé responsable, puisqu’il avait oublié de fermer la porte la veille, que cela faisait partie de son travail et qu’il nous avait donc mis en danger en donnant accès au toit…
Fin de l’histoire. Nous avons ramassé les bouteilles et les mégots et nous sommes rentrés tranquillement chez Julien et Tristan.

C’était notre dernière journée ensemble, chacun a continué sa vie, après de grandes embrassades et des promesses de se revoir.
Nous nous sommes retrouvés quelques fois, pour souhaiter des anniversaires, pendre une crémaillère, et même pour le mariage de Tristan.
C’est toujours une joie immense de retrouver les copains, les années d’insouciances étudiantes, et nos petits secrets qui n’en sont plus depuis longtemps.
Allez, hop, je vais me faire belle !

Jour 26 - Cacher

Cache-cœur, cache-cache, cache-misère. « Chaque homme cache en lui un enfant qui veut jouer » disait Nietzsche. Gribouille ne cache rien, jamais.
Ni l’enfant, ni le cœur, ni la misère qu’il a connue. Mais il trouve ceux qui se cachent.
Les animaux blessés derrière le tas de bois, les champignons sous la mousse, les nids de chevreuil aux pieds des arbrisseaux.
Il est aux aguets, en permanence. Sur le qui-vive. Rien ne lui échappe. Du haut de son chêne perchoir il guette les rapaces, allongé sur la mousse il débusque un crapaud. Ce matin il revient de sa promenade, une boule de poils au creux des bras. C’est un chiot, minuscule. La petite truffe noire s’enfonce dans le creux de sa main. Tremblant comme une feuille au vent, il gémit faiblement.
— Tu peux aller chercher le duvet, Kalie, elle est frigorifiée et fais tiédir un peu de lait de brebis, s’il te plaît ?
Je m’exécute sans poser de questions, il faut parer à l’urgence, Grib a l’air inquiet, ça ne lui ressemble pas. C’est une demoiselle dit-il. Elle a l’air si fragile, j’ai peur qu’elle ne rende son dernier soupir dans le creux de ses mains.
Quand je reviens au salon, il est assis près du poêle, la petite chose ne tremble plus, elle semble dormir, toujours enserrée avec délicatesse. Je déplie le duvet sur ce touchant tableau et file à la cuisine pour réchauffer le lait.
— Pas brûlant ! Goûte, avant. Il faut que ce soit tiède et rajoute un peu d’eau, un tiers, pour que ce ne soit pas trop fort.
— Oui, Grib, ne t’inquiète pas, je sais. Tu veux le compte-gouttes pour la faire boire ?
— Oui, bonne idée, il est sur l’étagère à épices.
Son pelage est gris, taché de roux. Ses pattes sont épaisses pour sa petite taille, les oreilles repliées s’agitent en m’entendant.
Gribouille caresse le poil sous le menton, et parle d’une voix douce.
— Il faut boire, petite, ça va te réchauffer, et tu pourras dormir. Tu es en sécurité ici, on ne te laissera pas, chuuuut, chuuuut, ma belle, bois un peu.
Il lui glisse délicatement le tube sous les babines et laisse échapper quelques gouttes. Elle lape.
Son sourire de gosse revient, faisant naître au coin des lèvres deux petites fossettes réjouies.
Il ne bougera pas de là, il veille.
— Je vais à l’atelier, j’ai du travail, je te laisse la clochette, si besoin tu fais sonner.
— Tu peux me faire un café, avant d’y aller, s’il te plaît ?
— Oui, et puis je vais m’en faire un aussi, je travaillerai plus tard, ça n’a pas d’importance.
Qu’allons-nous faire de cette petite boule, si elle se rétablit ? Il faut lui trouver un nom. C’est un peu prématuré peut-être ? Va-t-elle survivre ? Je laisserai l’écureuil choisir quoi qu’il en soit, elle est sa protégée, il en prendra soin. Elle cache la tête sous son coude et pousse un petit soupir, elle l’aime déjà.

Jour 27 - Musique

Notes, silences, noires, croches, blanches, le langage de la musique est un mystère pour moi. Lorsque j’étais enfant notre institutrice jouait du piano. Nous nous installions dans la salle, elle enchaînait les suites de Bach, une pièce de Chopin, une comptine. Je regardais les doigts courir sur le clavier. Magique ! La partition où les signes semblaient un dessin incompréhensible lui servait de repère, elle y jetait parfois un coup d’œil furtif.
À l’adolescence, mes parents m’ont donné le choix de prendre des leçons de musique ou de peinture. Chaque mercredi à la salle des fêtes deux professeurs se partageaient les locaux. La petite salle pour le dessin, la grande pour la fanfare.
J’ai choisi la peinture pour être seule devant mon papier et mes couleurs. La fanfare était une activité de groupe. Je n’aimais pas ça.
Je suis devenue illustratrice. C’est mon métier, ma passion, mais la musique je l’écoute. Elle m’accompagne, me console lorsque je suis triste, me stimule quand je suis fatiguée, me fais danser quand je suis joyeuse.
Je travaille en musique, je lis en musique et, avec Gribouille, je n’ai guère le choix que de me réveiller en musique. Elle accompagne tous nos moments de vie. A-t-on jamais vu un mariage, un enterrement, une fête, une cérémonie sans musique ? Aujourd’hui il fait silence dans la maison. Gribouille prend soin de son petit trésor câlin, il ne faut pas de bruit pour qu’elle puisse dormir…
Je mets mon casque et j’appuie sur le bouton « play », programme aléatoire.
J’aime la surprise des changements de tempo, musique maestro, emmène-moi, je te suis, je suis tout ouïe !

Jour 28 - Flotter

Parfois la nuit je flotte. Entre deux eaux, en apesanteur. Plus de haut ni de bas, rien qu’une douce sensation de se laisser porter, d’être enveloppée sans risque de chute. Les bras ouverts je reste là, la respiration calme, le cerveau au repos.
Serait-ce un souvenir des neuf mois passés dans le liquide chaud de ma mère ? Cette sensation de confort, le battement du cœur qui rythme la vie. Nous existons à la première seconde dans le liquide, celui qui nous nourrira, nous protégera, étouffera le vacarme du dehors, nous portera, jusqu’à la naissance.
J’ai toujours pensé que naître dans l’eau devait être plus facile. Flotter d’un milieu à l’autre sans choc, sans rupture.
J’aime flotter la nuit, j’aimerais flotter le jour, flotter dans le rien, à la dérive, entre les ombres et la lumière. Peindre en flottant, le geste aussi léger qu’un courant d’air.