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Sauvages de mai

mai 2021

Pendant très longtemps, je n’ai pas particulièrement aimé les fleurs. La seule chose qui me motivait vraiment c’était de faire pousser des trucs qui se mangent, et encore j’ai bien attendu d’avoir une trentaine d’années pour qu’un autre sujet que les humains trouve grâce à mes yeux.

Je me suis intéressée aux plantes sauvages comestibles au hasard de la rencontre d’un ouvrage de référence à ce propos, à la bibliothèque. Plantes sauvages comestibles et toxiques de François Couplan et Eva Styner, réédité en 2020. Je vous le recommande si ce thème vous plaît, et je vais me l’offrir un jour prochain… — quand j’aurai fait descendre la pile —.

De fil en aiguille, les plantes sauvages fleurissant, j’ai appris à les apprécier, et pas seulement dans mon assiette.

Coquelicot à cœur noir

Pour garder une trace de celles qui vivent au jardin et le fleurissent au printemps, j’ai fait quelques photos (pas extraordinaires mais elles me suffisent pour ce modeste inventaire).

Commençons donc par la délicate pâquerette. Si elle est comestible elle est surtout très belle et pendant quelques semaines je n’ose pas tondre et presque pas marcher dans l’herbe tellement ce tapis de pâquerettes me réjouit.

Bouquet de paquerettes.

La toute petite véronique (Veronica) est également très présente. Je ne sais pas quelle espèce exactement pousse ici, il y en a tant — plus de 200 —, mais je pencherais pour la Persica qui est celle qui s’en rapproche le plus d’après les ouvrages dédiés. Elle est minuscule, se colore de bleu pâle à bleu soutenu avec des reflets violets et je l’aime beaucoup, beaucoup.

Veronica probablement de varité Persica.

Le géranium sauvage. Toute petite fleur également, rose et fine. Il y en a partout ici, c’est très envahissant, mais je lui pardonne.

Géranium sauvage.

Sauvage que j’ai un peu aidé, le coquelicot poussait devant le portail entre les fissures de bitume. J’ai récolté l’année dernière quelques têtes sèches et je les ai littéralement jetées dans le jardin au hasard. Cette année de gros bouquets de coquelicots parsèment de taches rouge vif la pelouse — qui n’a plus rien d’une pelouse, le gazon ayant cédé la place à des vivaces de toutes sortes et c’est tant mieux —. J’ai découvert à cette occasion qu’il existait des coquelicots à cœur blanc et taches blanches sur les pétales, et ils sont probablement plus mellifères que les autres car j’ai noté que les bourdons et autres butineurs y passent beaucoup plus de temps que dans les noirs.

Coquelicot à pistils clairs et pétales tachées de blanc.

L’ortie blanche, amie des soupes et des yeux avec ses pétales duveteux.

Ortie blanche et son fin duvet.

La fleur de trèfle violette ou blanche, l’indispensable du jardin.

Trèfle violet

Les jolies clochettes blanches nervurées de beige rosé du Silène commun. J’ai mis du temps à trouver son nom mais je suis contente de pouvoir le nommer.

Silène commun.

Et la reine du jardin, la bourrache dont un pied s’est installé et a depuis fait des petits, des petits, pour le plus grand bonheur des abeilles et de mes yeux. Elle envahit le potager, je l’éclaircis, mais je laisse de grosses touffes en guise de garde-manger pour les butineuses.

Fleur de bourrache.

D’autres ont fleuri et fleuriront au fil des saisons. Je vais essayer de maintenir ce petit inventaire pour y garder trace des belles sauvageonnes.

Wild flower, growing in all the wrong places
Wild flower, so lowly ’neath that lovely rosebush
Proper garden’s nightmare, queen of opened fields
Tell me, who will love this wildflower
For exactly what she is ?

Achinoam Nini (Noa) — Wild flowers