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Regards II

avril 2021

Peu de temps après la publication trop rapide du précédent billet dont je ne suis pas satisfaite — comme un poids dont on se débarrasse sans prendre de temps de mesurer ce que l’on pose — j’ai reçu un e-mail d’une amie.

Elle m’écrivait se retrouver dans ces deux extraits : « … Un sourire dans ma direction et je me retourne pour chercher à qui il est adressé… » et « … Pour une raison que j’ignore, je suis entourée de personnes brillantes. De belles intelligences, dans bien des domaines.
Je lève la tête, j’apprends, j’attrape les miettes au vol.
J’enfile mes plus beaux costumes… » et ajoutait :

Dans les deux cas, je me force à penser que c’est possible qu’on m’adresse un sourire parce que je le mérite et que si je suis entourée de gens brillants, j’y ai ma place (même si c’est pour une raison que j’ignore) et que tant que j’y suis c’est que c’est ainsi que c’est à l’équilibre. J’espère que tu te dis ça, aussi.

 

L’équilibre. Tout est là. Une relation se doit d’être équilibrée pour être durable et profitable à celles et ceux qui l’entretiennent.

Alors oui, je me dis parfois cela aussi.
Professionnellement, grâce notamment à cette belle amie et surtout à une relation proche et généreuse que nous avons en commun — que je remercie ici pour ses indéfectibles encouragements depuis une décennie —, j’ai pris de l’assurance.
On me fait confiance, je sais que je fais de mon mieux, j’ai appris à reconnaître mes « compétences », à me sentir à ma place.
De réels progrès ont vu le jour ces dernières années. Ma situation professionnelle est parfaitement confortable et stimulante, RAS de ce côté. (Enfin presque, je ne vais pas non plus essayer de me faire croire que je n’ai pas quelques doutes récurrents sur mes aptitudes, mais cela me semble plutôt sain au final, et motivant.)

Pour les relations moins standardisées, toutes celles qui reposent sur l’affect, c’est beaucoup plus délicat.
Je ne parviens qu’exceptionnellement à ressentir cet équilibre.
Je ne me suis jamais vraiment débarrassée de ce sentiment d’inadéquation ou d’insuffisance vis-à-vis des autres, quand ils me semblent dignes d’intérêt.
Je veux croire que c’est de l’ordre des possibles, mais je ne prendrais pas les paris.

C’est un morceau de ma personnalité, une composante majeure, ce n’est pas grave. C’est comme ça. Je suis comme ça.

La confiance ne se déclame pas. Il faut l’apprendre. Tout doucement. Il faut que quelqu’un d’autre vous l’apprenne. À grands coups de demains et de câlins. | Ici ça va — Thomas Vinau