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L’escarbille

juin 2022

des nuages orange et noir sur un ciel bleu.

Un soir d’été couleur de braise, premier d’un autre monde, premier de l’après.
Ce qui semblait impossible se produisit sans un bruit.
L’univers bien ordonné, fruit de tant d’attention et de persévérance, émaillé de fissures, rapiécé, fragile, vola en éclats dans un souffle.
Contingence de l’existence, accident ou offrande divine, une écharde minuscule plantée là, au plus profond, pique, exalte, afflige, attise sans relâche depuis.
Prisonnière de la boite crânienne l’esquille creuse lentement son chemin, ouvrant ses voies, condamnant les autres.
Pensionnaire du petit cerveau, elle se rappelle à son souvenir, à chaque occasion, chaque jour, chaque nuit, à chaque inspiration.
Le doute se mêle à l’espérance, à la roulette prend les paris.
Pour le meilleur lorsqu’elle gagne.
Pour le pire lorsqu’elle échoue.
Si lasse, hélas.
Elle a perdu.