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Déroutée

juillet 2022

Grâce à l’aide précieuse de deux Nicolas, j’ai terminé l’exportation des anciens billets. [1].

Ce fut long. J’ai été étonnée de la quantité d’entrées en si peu d’années… je suis pipelette, aucun doute !
Un peu moins d’une centaine de billets, pas tous publiés, mais tout de même… 

Ils n’ont pas encore trouvé de nouvelle maison.
Je ne sais pas si ce blog se réveillera de ses cendres, mais ce n’est pas très important, le contenu est intégralement sauvegardé en lieu sûr pour pouvoir m’y replonger si besoin. Il y a de plus belles et intéressantes proses à lire sur le web, mon lecteur de flux RSS en regorge.

En guise de conclusion à ces carnets sous leur forme originale je souhaite vous conter une petite histoire vraie, toute simple, qui figure au rang des jolis souvenirs à conserver, pour finir sur une note positive.

Alors que je passais une très agréable soirée sur les bords du lac, après une longue nage, émerveillée par le soleil couchant et les reflets de la nature sur les eaux calmes, grignotant un pique-nique préparé à la hâte, mais délicieux, j’ai reçu un SMS étonnant.

Un inconnu m’envoyait une photo de fleurs nocturnes, accompagnée du message suivant :
— Oh et puis pas de raison que tu doives attendre demain :)

 ? … ?
J’ai songé à une erreur de destinataire, et comme je le fais toujours dans ces cas-là, j’ai à mon tour rédigé un rapide message pour en informer l’expéditeur.

— Je crois que vous vous êtes trompé de destinataire. ;-)
— Mais elles sont jolies :-)

Je pensais qu’il était bien dommage qu’elles ne soient pas distribuées à la bonne personne. Qui n’a pas de plaisir à recevoir des fleurs fussent-elles en photo ?

En fait non, ce n’était pas une erreur ni un inconnu.
Je n’avais simplement pas son numéro de téléphone dans mes contacts, car nous communiquons plutôt par mail ou réseau social alternatif.
Après quelques échanges, j’ai compris qu’elles m’étaient bien destinées.

Autant vous dire que le sourire déjà bien accroché à mes lèvres n’a fait que s’agrandir un peu plus.

Nous avions papoté à propos des graines de ces belles qui ne s’ouvrent que le soir, et en ayant croisé sur sa route il avait pensé à moi et avait pris la peine de m’en envoyer l’image.
Du sucre d’orge pour ma trop grande et un peu bébête sensiblerie.

Je ne comprenais toujours pas le message initial qui l’accompagnait, mais peu importe !

J’ai compris en rentrant chez moi et en ouvrant ma boîte mail qu’il projetait au départ de publier des images le lendemain.
Qu’une belle personne que j’apprécie ait eu cette petite attention (suivant les termes consacrés, une attention n’est jamais petite), m’a beaucoup touchée. Je ne sais si c’est « normal », mais je m’en fiche. Je suis comme ça, je sais précisément pourquoi cela a de l’importance pour moi et je ne veux surtout rien y changer.

Nous ne sommes pas de la même génération (gamin va !), il a une vie de famille, une femme et des enfants qui le comblent, il est très actif et s’investit beaucoup dans des projets dont le partage n’est jamais absent, et au milieu de tout cela il a pris le temps de me rédiger ce message. Naturellement, simplement, sans autre raison qu’une connexion de l’instant.

Merci.

Je ne me sens jamais seule au monde lorsque, ne serait-ce qu’une unique personne sur cette planète a une délicate pensée dans ma direction et peut me la transmettre. Vivre prend du sens dans ces moments. Vivre prend son sens.

Cela m’arrive de temps en temps, pas très souvent, et c’est justement la rareté et la spontanéité de ces instants qui leur donnent tant de prix à mes yeux.

L’on ne dit jamais assez la beauté du monde et de l’attention aux autres, l’on ne dit jamais assez qu’on les aime à celles et ceux que l’on aime, l’on ne dit jamais assez l’agréable, le réjouissant, le réconfortant, le vivant. Je le fais pourtant d’instinct depuis toujours, mais je veux le faire mieux. Je vais prêter attention et continuer le plus possible quand je suis en mesure de le dire ou de l’ecrire. Ici ou ailleurs, le lieu importe peu. Il existe bien des opportunités de se réjouir, et lorsque je peux les saisir au vol, que je suis en capacité de le faire (ce n’est pas toujours le cas), je ne veux pas m’en priver et les partager pour moi et pour celles et ceux qui ne le peuvent pas.

Je garderais cette soirée inscrite dans un petit coin de ma tête pour les jours « aquoibonnistes » ou la lumière est moins belle. Elle fut également ponctuée par d’autres mots qui sans m’être destinés m’ont touchée et émue.

Il y a des jours comme ça, il y a des jours sensibles et heureux…

PS : Je laisse les commentaires ouverts sur ce billet. L’idée n’est pas de claquer la porte :-) Comme il n’y a plus de formulaire de contact, ils pourront faire office si besoin, puisque publiés uniquement après validation, en attendant peut-être mieux.

À suivre… (ou pas, je n’en sais vraiment rien pour l’instant.)

Coucher de soleil sur l'eau calme et lisse d'un lac. Couleur bleu foncé et orangé. Les arbres en contre jour dessinent les berges.


[1Plugin de @nhoizey spip2markdown et contribution de @nicod_ pour la compatibilité Spip 4.1.1 et les astuces pour que ça marche.

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